14 août 2006

Robert et les femmes

Egarons-nous un moment.

Voici ce que nous dit le Robert (oui, j'ai des lectures de chevet tout à fait excitantes) :

robert9782849022375"MINUSCULES.
[...]
B. - Emploi abusif.
Parallèlement à l'emploi abusif des capitales, on observe une tendance inverse dans l'écriture des snobs, sur les écrans de télévision, les titres des livres, les cartes de visite, les enseignes... Elle consiste à ne pas mettre de majuscules aux noms propres (le Lot n'est pas le lot). Ce qui conduit à de curieuses rencontres : me boucher et mme (pour : Me Boucher et Mme). Sait-on que cette manière d'écrire était une farce des "dadas" des années 20 (ils mettaient même quelquefois la majuscule à la finale des noms : boucheR) qui a été prise au sérieux ? Ne prenons pas cela pour une élégance, c'est une faute, et la preuve qu'on est un naïf."

Si vous ne croyez pas le Robert, si vous doutez qu'il y ait des gens pour oublier volontairement quelques majuscules et essayer illusoirement d'accéder par là à un certain degré d'élégance, tournez quelques pages de ce site.
Ou bien balladez-vous sur des blogs. Vous observerez toutefois que la tendance inverse est bien plus répandue : surtout sur les blogs féminins, on trouve beaucoup de majuscules superflues. Beaucoup, oui, et surtout aux mots Amour, Amitié, Art, Autre, Littérature, Nature et, parfois, Connard.

Les majuscules aux mots des femmes ne sont, pour la plupart, que tromperie. Elles veulent nous faire croire qu'il y a de la grandeur dans ce monde. Elles veulent répandre cette croyance nauséabonde en un amour avec un grand A, et elles ne parlent pas du fleuve, ces connes. Ne nous méprenons pas non plus sur le sens de ce qu'elle appellent "l'Autre". L'Autre, ce n'est pas toi. L'Autre ce n'est jamais toi. La majuscule est là pour marquer l'entrée dans l'abstraction, la conceptualisation, ce qui équivaut souvent, pour elles, à la philosophie.
Enfin, ami mâle, ne te leurre pas sur la signification du terme "Connard". Ici, le piège est subtil, car pour une fois, la majuscule est méritée. Un connard, il n'y en a qu'un. Monsieur Connard est en effet l'équivalent moderne du prince charmant. Le bad boy, le méchant, celui qui les emmènera loin et leur fera vivre l'aventure. Car c'est bien connu, le Connard est généreux et ne pense qu'à faire vivre à sa compagne l'épanouissement de ses rêves de femme. Si l'on te traite de Connard, tu as donc toutes tes chances. Tu es justement ce qu'elles recherchent, alors accroche-toi. Tu n'es pas un simple connard, un enfoiré de base, tu es Connard, leur héros enfin arrivé.
 

Posté par Walmou à 19:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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